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On aime

On ne résiste pas à partager ces quelques mots de Pef, le “Parfait Écrivain fou “ créateur du Prince de Motordu, invité de l’émission “La grande librairie“ sur France 5 le 10 décembre 2015.

“… Je suis bilingue ! L’écriture c’est déjà du dessin. Eh.. forcément ! Quand j’écris, j’écris toujours sur des cahiers de brouillons qui viennent des pays… émergents, dirais je. Pourquoi ? Parce que le stylo bille s’enfonce et fait comme un sillon et j’entends la petite chanson du stylo bille qui court et qui dessine. Et comme j’écris penché, c’est comme du vent qui arrive…

Pour moi, écrire… il faut faire attention. Il faut faire attention parce qu’il y a la main ! Il y a l’intelligence de la main. La main qui pense ! Je ne tape pas à l’ordinateur ! Il faut pas taper. C’est interdit de taper ! On a pas le droit de taper les lettres qui viennent de si loin… on a pas le droit !“

Pef

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“le dessin est la célébration de l’humain la plus directe, la plus proche de la réalité elle-même et la plus naturelle… le dessin est la clé qui permet de conserver l’harmonie du travail manuel.“ David Smith

Magnifique exposition : DAVID SMITH, Drawing and Sculpture : Acting in Space
du 25 avril au 27 Juin 2015
Galerie Karsten Greve : 5, rue Debelleyme 75003 Paris

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Magnifique exposition à la Maison Rouge : La collection abcd de Bruno Decharme.
À voir absolument !

“Cette exposition est en quelque sorte la métaphore d’un voyage qui nous conduit de la genèse de la vie – à l’origine, le chaos – à une forme d’extase, « un savoir supérieur » délivré par ces artistes d’un genre particulier dont certains ont le dessein de sauver le monde.“

Depuis plus de trente ans Bruno Decharme assemble sa collection d’Art Brut. Elle compte aujourd’hui 3 500 pièces, recense 300 artistes du milieu du dix-neuvième siècle à nos jours. Elle réunit des œuvres de nombreux pays, produites dans un cadre asilaire ou dans la solitude des villes et des campagnes, des productions dites médiumniques et des objets populaires qui échappent à la norme des traditions.
Cet ensemble unique prolonge les collections et recherches de précurseurs psychiatres comme Hans Prinzhorn, d’artistes et écrivains comme André Breton, travaux que Jean Dubuffet a théorisé en 1945 sous le concept d’art brut. En déplaçant ces créations vers le champ de l’art, Dubuffet opère un changement de paradigme radical qui invite à modifier notre façon de penser l’art.
En effet, ces artistes créent le plus souvent avec une intention tout autre que celle de produire de l’art : messages à Dieu, accomplissement d’une mission, communication avec des esprits, talismans de protection etc. En proie aux désordres et à toutes sortes de difficultés de la vie, à travers leurs visions, qui peuvent être qualifiées de délirantes, chacun d’entre eux touche une forme de savoir qui fait écho aux questions fondamentales qui nous concernent tous: que veut dire être sur cette terre? Pour autant, ils ne participent à aucune filiation artistique, pour la plupart isolés ils ne se connaissent pas et ne forment donc pas une école idéologique ou stylistique.

du 18 octobre 2014 au 18 janvier 2015
La Maison Rouge – fondation Antoine de Galbert, 10 bd de la bastille – 75012 Paris

B.TSCHUMI
Magnifique exposition de Bernard Tschumi au Centre Pompidou jusqu’au 28 juillet 2014 !

L’architecture non pas du point de vue du style, mais à partir d’une série d’arguments conceptuels qui trouvent leur origine dans le cinéma, la littérature, les arts plastiques ou la philosophie. 
Le Centre Pompidou a choisi d’inviter Bernard Tschumi, architecte et théoricien de l’architecture, et présente la première grande rétrospective de son œuvre à travers près de trois cent cinquante dessins, croquis, collages et maquettes inédits.

En explorant le processus de transformation d’une idée ou d’un concept en un projet d’architecture, l’exposition décrypte aussi pour la première fois la pratique de Bernard Tschumi. Depuis la fin des années 1970, il définit l’architecture non pas du point de vue du style, mais à partir d’une série d’arguments conceptuels qui trouvent leur origine dans le cinéma, la littérature, les arts plastiques ou la philosophie. Cette définition a radicalement renouvelé les méthodes de conception de l’architecture. 

 » Dans l’idée de notation, il y avait deux choses différentes. La première était une question de langage : si vous voulez changer quelque chose, il faut parfois changer la manière d’en parler. Quand Wittgenstein et Jameson parlent de la prison-house du langage, c’est parce que si l’on utilise des axonométries en architecture, inévitablement nous allons avoir des œuvres qui procèderont des axonométries. Par conséquent, il faut se poser la question de la langue qu’utilise l’architecte. C’est la première question, valide encore aujourd’hui lorsque l’on travaille en numérique. L’utilisation du numérique va-t-elle nous permettre de changer l’architecture, ou vat-on refaire la même chose mais en ajoutant des surfaces à double courbure ?
La notation vise également à documenter ces aspects qui n’avaient jusque-là pas été mis en avant dans l’architecture, c’est-à-dire le mouvement des corps dans l’espace, l’action, les conflits. Quand on est architecte, on reçoit des programmes avec tant de mètres carrés de ceci ou de cela. Ces mètres carrés reflètent des raisons souvent culturelles. La littérature se situe directement dans la culture qui, elle, va influencer notre manière de penser. Je me suis dit : « Au lieu de donner des mètres carrés à mes étudiants, je vais leur donner des extraits de textes. » […]

Extrait de l’entretien avec Frédéric Migayrou et Aurélien Lemonier, commissaires de l’exposition.