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Après la pause estivale et notre rentrée animée,
rendez-vous chaque vendredi pour découvrir un dessin commenté par son auteur.
Vous les retrouverez dans l’onglet “le dessin de la semaine“ ->

2015  Semaine 39
Extrait de carnetTANGUI ROBERT
Tangui Robert

 

“Le carnet d’atelier est le support de réinterprétation et d’expérimentation au retour de voyage, à la manière de l’entomologiste qui capture, analyse et classifie. Après que le temps a instauré une certaine distance entre les expériences et les traces laissées, des thèmes récurrents apparaissent ainsi en filigranes et trouvent place dans des recherches artistiques.“
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Tangui ROBERT est architecte et plasticien. Il a toujours souhaité faire coexister la pratique de l’architecture avec d’autres champs disciplinaires, notamment au travers de recherches artistiques ou théoriques. Cette posture l’a mené à mettre en place une méthode singulière, hybride, entre art, architecture et paysage, qu’il a étayée au fur et à mesure de ses expériences professionnelles et de ses voyages à travers le monde.
Il travaille en étroite collaboration avec l’agence tact-architectes. Il est titulaire d’un DEA en paysage à l’école d’architecture de Paris-La Villette et est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, ou il intervient régulièrement sur la question de la représentation graphique. Il a également étudié à l’Ecole technique supérieure d’architecture de Sant Cugat del Valles à Barcelone et participé à deux missions archéologiques au Cambodge.
Il expose régulièrement son travail dans des galeries sur Nantes, Angers, La Rochelle, Le Pouliguen, et maintenant à Vannes.

charlie-hebdo-banksyLucille Clerc ® 

Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski

Défendant l’idée que le dessin est pensée et langage,
nous nous associons en silence au choc et à la profonde tristesse que représente la disparition de ces très grands dessinateurs.

 

Collectionabcd-BrunoDecharme- Maison Rouge
Magnifique exposition à la Maison Rouge : La collection abcd de Bruno Decharme.
À voir absolument !

“Cette exposition est en quelque sorte la métaphore d’un voyage qui nous conduit de la genèse de la vie – à l’origine, le chaos – à une forme d’extase, « un savoir supérieur » délivré par ces artistes d’un genre particulier dont certains ont le dessein de sauver le monde.“

Depuis plus de trente ans Bruno Decharme assemble sa collection d’Art Brut. Elle compte aujourd’hui 3 500 pièces, recense 300 artistes du milieu du dix-neuvième siècle à nos jours. Elle réunit des œuvres de nombreux pays, produites dans un cadre asilaire ou dans la solitude des villes et des campagnes, des productions dites médiumniques et des objets populaires qui échappent à la norme des traditions.
Cet ensemble unique prolonge les collections et recherches de précurseurs psychiatres comme Hans Prinzhorn, d’artistes et écrivains comme André Breton, travaux que Jean Dubuffet a théorisé en 1945 sous le concept d’art brut. En déplaçant ces créations vers le champ de l’art, Dubuffet opère un changement de paradigme radical qui invite à modifier notre façon de penser l’art.
En effet, ces artistes créent le plus souvent avec une intention tout autre que celle de produire de l’art : messages à Dieu, accomplissement d’une mission, communication avec des esprits, talismans de protection etc. En proie aux désordres et à toutes sortes de difficultés de la vie, à travers leurs visions, qui peuvent être qualifiées de délirantes, chacun d’entre eux touche une forme de savoir qui fait écho aux questions fondamentales qui nous concernent tous: que veut dire être sur cette terre? Pour autant, ils ne participent à aucune filiation artistique, pour la plupart isolés ils ne se connaissent pas et ne forment donc pas une école idéologique ou stylistique.

du 18 octobre 2014 au 18 janvier 2015
La Maison Rouge – fondation Antoine de Galbert, 10 bd de la bastille – 75012 Paris

B.TSCHUMI
Magnifique exposition de Bernard Tschumi au Centre Pompidou jusqu’au 28 juillet 2014 !

L’architecture non pas du point de vue du style, mais à partir d’une série d’arguments conceptuels qui trouvent leur origine dans le cinéma, la littérature, les arts plastiques ou la philosophie. 
Le Centre Pompidou a choisi d’inviter Bernard Tschumi, architecte et théoricien de l’architecture, et présente la première grande rétrospective de son œuvre à travers près de trois cent cinquante dessins, croquis, collages et maquettes inédits.

En explorant le processus de transformation d’une idée ou d’un concept en un projet d’architecture, l’exposition décrypte aussi pour la première fois la pratique de Bernard Tschumi. Depuis la fin des années 1970, il définit l’architecture non pas du point de vue du style, mais à partir d’une série d’arguments conceptuels qui trouvent leur origine dans le cinéma, la littérature, les arts plastiques ou la philosophie. Cette définition a radicalement renouvelé les méthodes de conception de l’architecture. 

 » Dans l’idée de notation, il y avait deux choses différentes. La première était une question de langage : si vous voulez changer quelque chose, il faut parfois changer la manière d’en parler. Quand Wittgenstein et Jameson parlent de la prison-house du langage, c’est parce que si l’on utilise des axonométries en architecture, inévitablement nous allons avoir des œuvres qui procèderont des axonométries. Par conséquent, il faut se poser la question de la langue qu’utilise l’architecte. C’est la première question, valide encore aujourd’hui lorsque l’on travaille en numérique. L’utilisation du numérique va-t-elle nous permettre de changer l’architecture, ou vat-on refaire la même chose mais en ajoutant des surfaces à double courbure ?
La notation vise également à documenter ces aspects qui n’avaient jusque-là pas été mis en avant dans l’architecture, c’est-à-dire le mouvement des corps dans l’espace, l’action, les conflits. Quand on est architecte, on reçoit des programmes avec tant de mètres carrés de ceci ou de cela. Ces mètres carrés reflètent des raisons souvent culturelles. La littérature se situe directement dans la culture qui, elle, va influencer notre manière de penser. Je me suis dit : « Au lieu de donner des mètres carrés à mes étudiants, je vais leur donner des extraits de textes. » […]

Extrait de l’entretien avec Frédéric Migayrou et Aurélien Lemonier, commissaires de l’exposition. 

Après la canicule,


B
 . GRAINDORGE

encore un peu de soleil en cette fin du mois d’août,

J.M. KERDELHUÉ

et l’occasion de relire le texte d’André Lanskoy paru dans la revue  ROVEN n°2.
(formidable revue critique sur le dessin contemporain !)

Le dessin c’est les 5 heures du matin de la peinture.
La conversation et les reproches à soi-même.
L’indication pour les initiés, et la révélation pour les innocents.
Les limites du monde visible et invisible.
Les lignes de notre coeur et les traits de notre caractère.
La réponse aux questions proposées et promesse d’un voyage.
Et aussi, le jeu des nombres et des quantités.
Prends le crayon et dessine.
Mesure les exigences de ton coeur et l’étendue de ton esprit.
L’imagination les rapprochera.
La dimension de la feuille est équivalente à la dimension de l’univers.
Remplis-la, et tu verras l’empreinte de ton monde intérieur.
La main obéissante et laborieuse traversera le champ blanc du papier,
et tracera les premières conditions de la lutte.

Les lignes courbes imitant le mouvement d’une étoile filante lutteront avec
les horizontales et verticales en formant les triangles, les ronds, les rectangles,
ou simplement des nuages.
quand un brin de lumière inattendu s’introduira

Et par tel ou tel moyen et se répandra sur l’étendue de la feuille, les éléments se
mettront d’accord à la satisfaction légitime de l’oeil observant le labeur. Si tu veux
faire du figuratif, fais la même chose.

ANDRÉ LANSKOY

Texte écrit en 1956 pour le catalogue d’une exposition de ses dessins, republié dans l’article de
J.-C.Marcadé dans le catalogue “ANDRE LANSKOY 1902-1976“ aux éditions Palace Editions  (2006)