Parler de “l’avant œuvre“, repérer les prémices de l’idée, dévoiler les coulisses de son travail, analyser les protocoles que l’on met en place, dévoiler ses chemins de traverse, parler de ses hésitations, de ses doutes, de ses questionnements, de l’inhérente fragilité liée à ces étapes de gestation créative, n’est pas chose aisée.

Collecter la parole intime, établir une relation basée sur la confiance, devenir en ce sens l’interlocuteur privilégié témoin de ces étapes péri-créatives demande du temps, de l’attention, de la bienveillance.

Si le propos des entretiens est préalablement défini – l’acte du dessin (dessiner) ou le résultat de l’acte (le dessin) – ces échanges ont donné aux auteurs la possibilité d’analyser par eux-mêmes leurs pratiques, moment rare et précieux que les urgences de la vie privée et professionnelle ont tendance à contrarier.

Leurs « introspections créatives » ont permis d’aborder les rituels, les protocoles et les modes opératoires mis en place autour du dessin, les temporalités et les lieux de fabrication, les contextes de production, les enjeux de réalisation, les problématiques de conservation, les logiques de classification et d’archivage, l’opportunité et les risques de la monstration de ces étapes, les aller-retour avec les outils numériques, l’écriture ou les autres systèmes de conceptualisation.

Ces textes et paroles ont été conservés.
Ils constituent un précieux témoignage sur les pratiques contemporaines du dessin.

Certains d’entre eux ont fait l’objet d’une lecture publique et déambulatoire lors de la performance “Extimités Créatives“, le 7 octobre 2017 à la Galerie d’architecture pour la Nuit blanche 2017.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :