Le dessin de la semaine
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2020 ♦ Semaine 9
Vastes Parages, Mathias Poisson

« Quand je pars en promenade, le nez en l’air, j’ai la sensation de tracer des lignes dans l’espace. Je dépose mon poids à chaque pas, j’imprime le sol, je dessine des trajectoires. Marcher c’est approfondir les sensations, inventer des rythmes, se charger de visions, écrire des passages sur le relief du monde.
Après l’expérience de la marche, je laisse mon parcours se déposer dans ma mémoire. Je le regarde sous toutes ses coutures. Avec les encres que je confectionne sur place, sur du papier bien épais, je dessine des cartes qui font l’état des lieux de mes dérives improvisées. Je cueille des signes, des vibrations et des intensités. Je me fais guider par ce que le terrain m’a offert : les ambiances, les rencontres et les jeux que j’invente sur place. De retour de balade, j’ajuste le terrain à mon échelle, je le déplie et le remplis d’invisible. Je le fais mien, et le couche sur une feuille. (…)
L’errance est une forme d’écriture automatique qui me porte parfois plusieurs jours d’affilés. Ainsi j’ai quitté Marseille. J’ai pris les chemins sans savoir où j’irai. Les massifs ont attiré mes pieds. Je me suis laissé conduire. C’est comme ça que je suis venu à Châteauvert. C’est l’histoire qui m’est arrivée. Quitter la ville pour aller sur les chemins noirs. Pistes sans balise. C’était annoncé. Comme si toutes mes cartes précédentes avaient déjà raconté cette dérobade. Cette fuite du centre pour rejoindre les vastes périphéries, les zones floues, les proximités foisonnantes de détails. Cette quête qui cherche à la fois l’essence de l’être et qui pourtant aime se laisser conduire par le plus grand des hasards. »

Mathias Poisson est plasticien et performeur.
Sa pratique artistique se relie toujours à la notion de la promenade avec une approche à la fois performative et cartographique. La dérive est son outil privilégié de création, d’observation, de connexion à l’environnement. À partir de ses explorations sensibles, subjectives, fictionnelles, Mathias Poisson réalise des cartes, des partitions, des installations présentées entre autres au VOG à Grenoble (2018), au CAK à Kyoto (2017), à DEPO Istanbul (2013), au FRAC PACA et au MUCEM à Marseille (2010), à Toulouse à la Fondation Écureuil pour l’art contemporain et le centre d’art de Labège (2011), à Paris à la galerie Michel Journiac (2009), à Naples au PAN (Palazzo delle Arti di Napoli, 2005).
Parallèlement, il crée des performances in situ sous forme de visites sensibles et déroutantes qui sont souvent l’occasion de changer de point de vue sur la réalité et de plonger collectivement dans des référentiels inhabituels.
« Vastes Parages“, sa dernière proposition, sera présentée au Centre d’Art de Châteauvert dans le cadre du projet “Des marches, démarches“ porté par le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur, du 15 février au 28 juin 2020.

Nous sommes très heureux de réactiver la performance “On lit ou on regarde un dessin ?“ dans le cadre du Festival de céramique Paris XI, le samedi 14 mars 2020 à 15h et 17h30.

Le texte “On lit ou on regarde un dessin ? » est le résultat de 6 ans d’entretiens auprès de plus de 170 créateurs qui évoluent dans les multiples champs créatifs, l’architecture, le design, le paysage, le graphisme, le stylisme, la lumière, la danse, le théâtre, le cinéma, la musique, l’écriture, la gastronomie, les métiers d’art…
Conçu comme un texte à entrées multiples, il aborde la question du dessin comme le langage de la pensée en-cours. Les témoignages des créateurs, recomposés sous forme de miscellanées, dégagent une forme d’universalité sur les pratiques contemporaines du dessin, ses enjeux, ses rituels, ses protocoles.
La lecture du texte incarné par 3 comédiens qui déambulent au milieu du public permet de s’aventurer au cœur de la création dans ce qu’elle a de plus intime, “la genèse de l’œuvre“. Un artiste, qui incarne par sa présence silencieuse tous ceux qui prennent le crayon pour poser l’idée sur le papier, trace à leurs côtés ses propres déambulations.
“On lit ou on regarde un dessin ?“ – Les Traces Habiles Éditions
Lecture : Franck Mas, Augustin Passard, Anne Seiller
Captation dessinée : Olivier Marty

Festival de céramique Paris XI
Salle Olympe de Gouges – 15 rue Merlin 75011
15h et 17h30 – Entrée libre

Quelques jours de plus pour vous inscrire pour le PRIX DESSEINS, les inscriptions seront acceptées jusqu’au dimanche 9 février 2020.

LE THÈME DE L’ÉDITION 2020 : “dehors”
L’association LES TRACES HABILES en partenariat avec le Fonds de dotation Enseigne des Oudin organise un concours à destination des étudiants des écoles supérieures et ­des cursus universitaires d’art, de graphisme, d’architecture, de design et de paysage, le PRIX DESS(E)INS.

Afin de sensibiliser les étudiants à cette démarche de production/conservation des étapes graphiques intermédiaires du cheminement de la pensée, LES TRACES HABILES organise un concours pour valoriser le travail des futurs acteurs de la création et leur permettre de rejoindre dès la sortie de l’école un réseau de professionnels multidisciplinaire.

LE THÈME DE L’ÉDITION 2020 : “dehors”

Le thème permet de regrouper des productions qui ont trait avec la question du “dehors“, pris au sens large et qui font référence à l’extérieur, au plein air, au site, au paysage, à l’environnement etc… et ce quelque soit la discipline.

PARTICIPATION :
Ce concours est gratuit et ouvert à tous les étudiants inscrits en année diplômante (fin de cycle) dans une école ou université dans les domaines des arts plastiques, du graphisme, de l’architecture, du design, du paysage pour l’année 2019-2020 (justificatif à fournir).

INSCRIPTION :
Envoi de la fiche d’inscription et du justificatif d’inscription de l’école par mail au plus tard le 9 février 2020 : contact@dess-e-ins.fr
RÈGLEMENT ET BULLETIN D’INSCRIPTION SUR LE SITE :
www.les-traces-habiles.org

L’association LES TRACES HABILES en partenariat avec le Fonds de dotation Enseigne des Oudin organise un concours à destination des étudiants des écoles supérieures et ­des cursus universitaires d’art, de graphisme, d’architecture, de design et de paysage, le PRIX DESS(E)INS.

LE THÈME DE L’ÉDITION 2020 : “dehors”

INSCRIPTIONS :
Envoi de la fiche d’inscription et du justificatif d’inscription de l’école par mail au plus tard le 29 janvier 2020 : contact@dess-e-ins.fr

Règlement et bulletin d’inscription : PRIX DESS(E)INS 2020 Règlement

L’association LES TRACES HABILES en partenariat avec le Fonds de dotation Enseigne des Oudin organise un concours à destination des étudiants des écoles supérieures et ­des cursus universitaires d’art, de graphisme, d’architecture, de design et de paysage, le PRIX DESS(E)INS.

LE THÈME DE L’ÉDITION 2020 : “dehors”

INSCRIPTIONS :
Envoi de la fiche d’inscription et du justificatif d’inscription de l’école par mail au plus tard le 29 janvier 2020 : contact@dess-e-ins.fr

Règlement et bulletin d’inscription : PRIX DESS(E)INS 2020 Règlement

PRIX DESS(E)INS 2020 A

Notes manuscrites, captations dessinées, schémas, diagrammes et autres cartographies personnelles sont chacun à leur manière une façon de regarder, représenter, projeter.
Ces recherches consignent l’importance de la main, du geste, du corps dans l’accompagnement de la pensée et renseignent – souvent plus justement que le projet abouti – les différentes étapes du processus créatif.

Afin de sensibiliser les étudiants à cette démarche de production/conservation des étapes graphiques intermédiaires du cheminement de la pensée, LES TRACES HABILES organise un concours pour valoriser le travail des futurs acteurs de la création et leur permettre de rejoindre dès la sortie de l’école un réseau de professionnels multidisciplinaire.

LE THÈME DE L’ÉDITION 2020 : “dehors”

Le thème permet de regrouper des productions qui ont trait avec la question du “dehors“, pris au sens large et qui font référence à l’extérieur, au plein air, au site, au paysage, à l’environnement etc… et ce quelque soit la discipline.

PARTICIPATION :
Ce concours est gratuit et ouvert à tous les étudiants inscrits en année diplômante (fin de cycle) dans une école ou université dans les domaines des arts plastiques, du graphisme, de l’architecture, du design, du paysage pour l’année 2019-2020 (justificatif à fournir).

INSCRIPTION :
Envoi de la fiche d’inscription et du justificatif d’inscription de l’école par mail au plus tard le 29 janvier 2020 : contact@dess-e-ins.fr

Règlement et bulletin d’inscription : PRIX DESS(E)INS 2020 Règlement

Le dessin de la semaine
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2019 ♦ Semaine 42
Vortex, Laure Garreau

Garreau VortexOffice M

“VORTEX Design Office (Verification of the Origins of Rotation in Tornadoes EXperiment) ou le quotidien d’un designer intégré dans une industrie de haute technologie.”

Diplômée de l’ENSCI Les Ateliers en 2011 et du Master 2 de recherche en design (ENS-Paris-Saclay —ENSCI Les Ateliers — Telecom-Paris tech), Laure Garreau est designer intégrée au sein d’un groupe industriel de haute technologie. Elle est membre associé du Centre de recherche en design (CRD) de l’École normale supérieure Paris-Saclay et de l’ENSCI Les Ateliers.

Laure Garreau est lauréate 2019 du Prix Agora de l’écriture remarquable, qui récompense son article portant sur l’exposition « Jean Prouvé industriel du bâtiment » (1964).
Conçue par Prouvé lui-même dans l’anonymat le plus complet, celle-ci semble avoir été oubliée et n’apparaît que très peu dans l’histoire de l’ingénieur-constructeur.

Pourquoi n’a-t-elle pas fait date ? Quelles problématiques françaises et internationales rouvre-t-elle ?
À partir des questions que pose la « disparition » de cette exposition, l’enquête historique menée par le biais des archives, permet d’élaborer quelques hypothèses : notamment celle du problème de légitimation que Jean Prouvé aura rencontré toute sa vie durant et que l’exposition de 1964 ne dépasse pas, comme paralysée par la tension entre milieu culturel et industriel.

Le Prix Agora de l’écriture remarquable récompense un livre, un article scientifique, ou tout type d’écrit qui fait avancer la pensée et la réflexion sur le design. Il peut venir du milieu du design ou de l’art, mais aussi de toutes autres disciplines dès lors qu’il questionne les enjeux et les réflexions liés à la création et au design.

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès de François Seigneur notre magicien de la Nuit Blanche 2018 qui, il y a un an presque jour pour jour, vous avait invité à interpréter une de ses partitions à la Galerie d’architecture.

NUit Blanche n°2M

Dessins ou gribouillis ?

Ma grand-mère Agnès appelait nos dessins des gribouillis.
C’étaient nos dessins d’enfants. Mes frères et sœurs, cousins, cousines, en faisions beaucoup. Elle les rangeait dans le tiroir de la grande table carrelée de la cuisine sur laquelle nous nous installions papiers et crayons de couleur les jours de pluie ou de grande chaleur.
Pour accéder au titre de dessins, il devait manquer quelque chose mais comme les adultes étaient admiratifs de nos talents, le gribouillis a acquis sa noblesse.
Plus tard, j’ai appris à dessiner – Ecole Boulle, Mr Mente, professeur en Etudes documentaires et Perspectives. Avec ses cours astreignants, nous savions tous, plus ou moins bien, évidemment, dessiner une tranche de jambon alanguie sur une assiette posée sur un torchon à carreaux et glissé derrière une carafe d’eau dans laquelle se miroitait la fenêtre de l’atelier autant qu’un fauteuil Louis XV légèrement en biais et vue de toutes les hauteurs possibles avec ses ombres portées.
Parfois les traces étaient assez habiles et élégantes. Je n’irai pas jusqu’à la beauté mais, hors les murs, nous forcions l’admiration.
Cette admiration m’a permis de gagner très confortablement ma vie.
Les installateurs de salon de coiffure étaient très demandeurs. Roger la Frite, l’ancêtre des fastfoods, m’a permis une fortune passagère. Après quelques années de dessins alimentaires, ces chemins m’ont menés chez Claude Parent. Il devait représenter des dessins capables d’apaiser les inquiétudes populaires sur l’insertion paysagère des premières centrales nucléaires sur lesquelles il travaillait. C’était à peu près en 1970.
Jean Nouvel travaillait chez lui. En quelques mois nous sommes devenus amis et je suis devenu la main de J.N. Il gribouillait. Je dessinais.
Avec le temps, les dessins obligés au réalisme et flatteurs m’ont lassés.
Heureusement La 3D a repris la main. Reine à prix d’or elle a conquis la totalité de la représentation et comme Mr Mente ne nous avait pas appris à représenter la transparence des personnages et des arbres, ses enseignements ne valaient plus grand-chose. Ce qu’il fallait produire pour subsister était trop éloigné de l’admiration de ma grand- mère et du tiroir de la table de cuisine. Je suis retourné à mes gribouillis.

Je gribouille depuis 30 ans, j’ai réussi à faire des partitions de gribouillis pour que d’autre gribouillent à ma place et comme ils gribouillent très bien nous faisons des expositions.
Ce choix du gribouillis n’est pas un abandon ou un assassinat du dessin de représentation mais un penchant accentué pour sa spontanéité et son incertitude. Souvent difficile à lire et parfois indéchiffrable, il ouvre à l’imaginaire et l’interprétation ce que le dessin, trop souvent, ne fait que représenter.

2 octobre 2017
François Seigneur

François Seigneur a rejoint Les Traces Habiles en tant qu’auteur-associé en juin 2017.