archive

Archives de Tag: Amélie Blachot

Retrouvez les 152 premiers dans l’onglet “le dessin de la semaine“
2018 ♦ Semaine 42
Île du ciel, Amélie Blachot

Sérigraphie Ile du Ciel_Amélie Blachot L.jpg
“Cette île du ciel d’une vallée alpienne est visible depuis le sommet de l’un des méandres d’une rivière de pierres qui descend dans l’Oisans, en regardant plein Sud, vers le contour découpé de l’Obiou.
A cet endroit-là, les lignes du socle de pierres qui nous tient, et celles de toutes les avancées de montagnes latérales qui nous séparent du lointain, se croisent. Le paysage apparaît dès lors comme une succession de plans. Et, tant ses derniers se superposent, qu’il en devient difficile de savoir si l’avant-dernier aplat de cette composition, appartient au ciel ou à la terre.
C’est pourquoi, alors que les différentes avancées des montagnes sont exprimées par un remplissage décroissant et tramé de peinture jaune, le dernier plan des montagnes se détache de l’ensemble acide pour venir se fondre dans le ciel, et devenir comme lui, rouge. Rouge mais plein, à la différence du ciel, ciel qui est le seul à contenir des indices formels. Cette forme qui s’extrait par conséquent de la terre tout en se dissociant du ciel, devient île. Ile ou espace indéfini, là où l’horizon s’épaissit pour être le lieu où ciel et terre se côtoient, créant une infinité de formes dans cette espace de dissolution.
Ainsi, de ce lieu concret et contextualisé, mêlé d’une perception, est née cette peinture réalisée grâce à la technique de la sérigraphie, pour continuer un travail engagé sur la représentation des éléments fondamentaux du paysage.“
………………………………………………………………………………………………………………………
Amélie Blachot est artiste plasticienne et paysagiste DPLG, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, en 2011. Elle développe un champ nouveau où les arts plastiques sont employés pour révéler les fondamentaux de paysage, naturels et anthropiques, d’un territoire. Dans son utilisation des arts plastiques, le lieu devient le médium. Ainsi, c’est le territoire étudié qui lui fait utiliser telle ou telle technique, forme, couleur.
Tout en témoignant de la beauté du territoire étudié, son travail de représentation du paysage est également conçu dans le but d’ouvrir au questionnement quant à sa transformation.

 

Publicités

Chaque semaine, un dessin commenté par son auteur.
Vous retrouverez les 69 premiers dans l’onglet “le dessin de la semaine“ 

2016  Semaine 22
Altitudes 580-2150, Amélie BLACHOT

Amélie Blachot“En s’emparant des outils d’études qui permettent de lire et comprendre le relief, j’ai réalisé une série de dessins de courbes de niveaux.
Ces indices sur la nature des lieux composent des formes graphiques multiples cernées de traits noirs, où la division par la série et la marge blanche entourant chaque dessin transforment ces derniers en véritable objets de tous territoires.
Le dessin est un médium essentiel que j’utilise comme repère ou constante dans chacune de mes études de territoire ; il me permet de rentrer en immersion dans le lieu pour ensuite le représenter sous d’autres formes, en volumes et installations.“

Série de 49 carrés de courbes de niveaux noires avec marges blanches, imprimés sur papier blanc mat 350 grs, 1 carré : 20,7 X 20,7 cm, soit 153 cm X 153 cm, édition 1/5, 2016.
……………………………………………………………………………………………………………………….
AMÉLIE BLACHOT est paysagiste dplg diplômée de l’ENSP de Versailles et artiste. Elle développe un champ nouveau où les arts plastiques sont employés pour révéler les fondamentaux de paysage, naturels et anthropiques, d’un lieu. Par sa représentation différente des villes et territoires, elle offre une nouvelle manière de regarder le paysage, permettant ainsi de révéler sa beauté et d’ouvrir au questionnement quant à sa transformation.

“Les Monts Bleus“ d’Amélie Blachot sont exposés au Musée Matheysin à La Mure, du 20 mai au 30 septembre 2016 dans le cadre de l’exposition collective “Paysages In Situ”.
Son travail dans le cadre de la résidence à La Villa Le Nôtre, fera l’objet d’une exposition du 15 au 20 septembre 2016 au Potager du Roi à Versailles.

2015  Semaine 10
CAPILLAIRES, AMÉLIE BLACHOT

A.Blachot

“Cette peinture est née de l’étude que je réalise pour la DDT de l’Isère (Direction Départementale des Territoires). Cette dernière m’a commandé une étude de paysage à rendu artistique pour un vaste territoire de 50 km de diamètre, au sud de l’Isère. Ce territoire est délimité sur ses quatre ‘arêtes’ par des éléments de paysage géomorphologiques très forts : la rivière torrentielle Le Drac à l’Ouest, le Massif des Ecrins à l’Est, et au Nord et au Sud, respectivement, ‘une montée et un retournement du sol’ ; ces quatre limites transformant ce territoire en une grande forme qui nous happe et nous accueille, à l’image d’une grande toile sortant de la terre par la rivière et venant s’accrocher sur les crochets que sont les crêtes des montagnes. Et sur cette toile tendue, ce ‘grand filet’ qui nous porte, ce tapis qui nous transporte, nous sommes sans cesse dans une descente vers l’eau et dans une ascension vers le ciel, tournoyant contre les flancs des montagnes arrondies, naviguant au fil de l’eau qui vient s’immiscer dans le creux des vallées et s’étend sur toute cette grande toile du territoire.
Comme une feuille tenue par ses nervures, l’eau par ses rivières, ses torrents, ses rus, ses cascades, ses glaciers et ses lacs devient ici les mailles de ce grand filet suspendu. Elle est comme les artères, les veines, les capillaires qui irrigue, tient, voire contient cette immense forme et lui donne substance.“

 ……………………………………………………………………………………………………………………….
AMÉLIE BLACHOT est artiste et paysagiste d.p.l.g.
“Je parcours les territoires, qu’ils soient urbains ou naturels, je m’arrête sur des lieux, je vois des images, je ressens des mouvements ; des mouvements du territoire mais également des mouvements de mon corps, mouvements de mon corps que j’associe à des jeux, à mon enfance, à des formes de déplacements ou multiples sensations liées à la gravité ; j’associe les mouvements du paysage avec des objets qui vivent avec les éléments, avec des objets ou des matériaux de notre quotidien. Je passe ainsi constamment du micro au macro, par les images, par le mouvement, en me déplaçant sur le terrain ou depuis ma table où ma vision sur des grandes cartes IGN dépliées me font vivre le paysage d’en haut et m’y font y plonger par ses tracés. De l’échelle 1, des images qui me viennent, des cartes IGN dépliées en grand, je suis dans un perpétuel zoom/dézoom entre ma place et notre espace. De ces sensations, images, mouvements, naissent des dessins, des peintures, des volumes ou des installations en fonction des lieux visités qui me générèrent des ressentis et images propres à un territoire précis. Mes recherches plastiques devenant ainsi une vision des paysages que je parcours après qu’ils soient passés par le filtre de mes ressentis. Par extension, cette exploration du territoire devient une tentative de compréhension de notre monde contemporain, par répercussion de tout ce que l’Homme crée sur son site, «notre monde», qu’il habite.
C’est ma pratique artistique mais également la pratique de paysagiste que je tente de mettre en place depuis l’obtention de mon diplôme de paysagiste d.p.l.g. à L’ENSP Versailles en 2011. A l’instar de ma commande pour la DDT de l’Isère, je souhaite développer un champ propre où le paysage se marie à l’art. Car je pense que l’intervention des arts plastiques pour donner à voir le paysage permet de révéler les éléments de paysage fondamentaux de nos territoires et nous incitent à revoir le paysage dans son ensemble ; ils nous élèvent des problèmes trop centrés qui nous font oublier que le paysage est une unité, unité à considérer et à projeter ensemble et dans le temps. Par la sensibilité et la poésie des arts plastiques, présenter le paysage à travers ce qu’il nous fait ressentir permet aussi de le rendre plus accessible à tout un chacun, car le paysage est notre lieu commun.“