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2018 Semaine 46

18-10-18

“Dessin du rêve du 18-10-18 extrait de mon blog www.catherine-geoffray.tumblr.com, où chaque jour je consigne rêves illustrés et sculptures en porcelaine.“
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CATHERINE GEOFFRAY est une artiste, née en 1960, elle vit et travaille à Paris. Son travail s’inspire de ses rêves. Chaque jour, selon un rituel établi depuis 2013, elle écrit le récit de ses rêves sur des cahiers Moleskine, puis elle dessine d’après l’image qui lui parait la plus prégnante. Elle réalise ensuite une ou plusieurs sculptures, modelées dans la porcelaine. Ces dernières ne sont pas en lien explicite avec le rêve, mais traduisent peut-être d’autres images plus inconscientes. Ce sont des formes soit organiques, soit minérales, soit végétales. Une manière d’interroger les limites du monde vivant qu’il soit humain, animal ou végétal…

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2018 Semaine 45
Revue NU(e) 67, Paul Louis Rossi

D1 Paul Louis Rossi

“Anne pense qu’il est bon que je rencontre Paul.
Nous n’habitons pas loin. Cela n’a en soi aucune importance, hormis le fait de pouvoir courtoisement fixer notre premier rendez-vous sous couvert de proximité.
Paul Louis Rossi vient me chercher en bas de son immeuble prétextant un accès compliqué. S’il est vrai que les indications de portes, de codes et de cages d’escalier de cet ensemble immobilier sont un peu confuses, je perçois dans cette attention une forme de politesse, une sorte de protocole et ce malgré les deux étages sans ascenseur.
Son appartement me saisit. Il y règne une ambiance sourde d’une sobriété admirable. Les couleurs semblent comme voilées à la limite de la grisaille, conférant aux objets un aspect hors du temps.
Silence, patience, les surfaces granuleuses font écran aux désordres du quartier et sans doute aux résonnements, voire aux raisonnements, de la ville.
Par politesse Paul me laisse démarrer notre entretien. De la présentation de notre projet aux questions fondamentales que pose le dessin manuscrit en tant qu‘œuvre de l’esprit et de la main, je déroule notre propos, consciente qu’il en va de la légitimité de ma démarche. Son écoute attentive m’accompagne, son amabilité me rassure, je sens rapidement que derrière ses remarques cultivées se cache un esprit critique affûté.
Les dessins et sculptures qui peuplent son appartement me regardent. Malgré leur nombre, chacun est autonome. Ils ne sont pas exposés, ils sont, et Paul Louis Rossi les écoute dans leur singularité.
Nous parlons de ses amis artistes, nous évoquons avec égards les Hopis, nous partons à Toulon après un détour par l’île d’Yeu, nous nous arrêtons en Grèce avant de reprendre la route vers le Japon… Nous revenons sur son balcon.
Paul me montre sa collection d’orpins. Je dois reconnaître que ces végétaux ne provoquent chez moi aucun choc esthétique mais il y a quelque chose qui relève de la magie dans le fait de se retrouver sur ce petit balcon autour de quelques pots à s’émerveiller de la ténacité de la nature.

Paul, lors de la rencontre suivante, me fait faire le tour de son appartement, me montre son bureau, ses outils, ses carnets, ses dessins.
Souvent de petite taille, ses dessins sont soigneusement archivés. Si certains sont sur des feuilles libres, d’autres, plus nombreux, sont réalisés dans des carnets. Ils relèvent pour la plupart d’une observation attentive, d’une œuvre, d’un visuel, d’un objet ou d’un paysage. Cette étape de traduction graphique est d’une part le moyen de se donner le temps de regarder et d’analyser le sens profond du sujet et d’autre part de se l’approprier pour ouvrir d’autres champs imaginaires.

Les commentaires de Paul sont laconiques, il prévient des maladresses, assume ses petites victoires et parfois extrait un dessin de la pile.
“Celui ci, je le trouve plutôt réussi…“

Claire Combeau, “Une leçon de désobéissance“, Revue NU(e) 67

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PAUL LOUIS ROSSI est écrivain et critique. Il a reçu le Prix Mallarmé en 1995. Il travaille en collaboration avec de nombreux peintres comme Jean-Michel Meurice, François Dilasser, Véronique Flahault, Renaud Allirand, ainsi qu’avec les musiciens Jean-Yves Bosseur, Christian Rosset, Grégoire Lorieux.
La revue NU(e) vient de lui dédier son dernier numéro, coordonné par Marie Joqueviel-Bourjea. La version numérique est disponible sur le site Poezibao

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2018 ♦ Semaine 42
Île du ciel, Amélie Blachot

Sérigraphie Ile du Ciel_Amélie Blachot L.jpg
“Cette île du ciel d’une vallée alpienne est visible depuis le sommet de l’un des méandres d’une rivière de pierres qui descend dans l’Oisans, en regardant plein Sud, vers le contour découpé de l’Obiou.
A cet endroit-là, les lignes du socle de pierres qui nous tient, et celles de toutes les avancées de montagnes latérales qui nous séparent du lointain, se croisent. Le paysage apparaît dès lors comme une succession de plans. Et, tant ses derniers se superposent, qu’il en devient difficile de savoir si l’avant-dernier aplat de cette composition, appartient au ciel ou à la terre.
C’est pourquoi, alors que les différentes avancées des montagnes sont exprimées par un remplissage décroissant et tramé de peinture jaune, le dernier plan des montagnes se détache de l’ensemble acide pour venir se fondre dans le ciel, et devenir comme lui, rouge. Rouge mais plein, à la différence du ciel, ciel qui est le seul à contenir des indices formels. Cette forme qui s’extrait par conséquent de la terre tout en se dissociant du ciel, devient île. Ile ou espace indéfini, là où l’horizon s’épaissit pour être le lieu où ciel et terre se côtoient, créant une infinité de formes dans cette espace de dissolution.
Ainsi, de ce lieu concret et contextualisé, mêlé d’une perception, est née cette peinture réalisée grâce à la technique de la sérigraphie, pour continuer un travail engagé sur la représentation des éléments fondamentaux du paysage.“
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Amélie Blachot est artiste plasticienne et paysagiste DPLG, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, en 2011. Elle développe un champ nouveau où les arts plastiques sont employés pour révéler les fondamentaux de paysage, naturels et anthropiques, d’un territoire. Dans son utilisation des arts plastiques, le lieu devient le médium. Ainsi, c’est le territoire étudié qui lui fait utiliser telle ou telle technique, forme, couleur.
Tout en témoignant de la beauté du territoire étudié, son travail de représentation du paysage est également conçu dans le but d’ouvrir au questionnement quant à sa transformation.

 

Nous avons la très grande tristesse de vous annoncer le décès de Jalil Amor,
auteur – associé de l’association Les Traces Habiles depuis juin 2012.

Jalil L

C’est au regard de la richesse de ses dessins et de la qualité de sa pratique que l’association Les Traces Habiles était heureuse de compter Jalil Amor parmi ses auteurs.

Ses dessins nous offrent le témoignage d’une maturité assumée. Le trait est vif, la couleur désinhibée des codes habituels, le cadrage précis.
A l’inverse d’une “illustration“ dont l’objectif serait de faire comprendre “après coup“ tel ou tel projet d’architecture, il s’agissait pour Jalil Amor de mettre en forme ses propres intuitions dans des visions fantasmées mais néanmoins rigoureuses des sites ou bâtiments. Son univers singulier était révélé par des représentations libres voire oniriques. Le dessin est pris ici comme révélateur de la forme en devenir.

Jalil Amor avait rejoint l’association Les Traces Habiles en 2012. Ses dessins ont été exposés en Juin 2013 à la Bibliothèque Forney, en avril 2013 au 6 Elzévir à l’occasion de l’exposition “Intimités créatives“, en novembre 2012 à l’ENSCI-Les Ateliers à l’occasion de l’exposition “Partitions, le tout divisé en parties“.

C’était un ami, c’était un des nôtres.

Nuit Blanche 2018LEn 2017, Les Traces Habiles avaient investi la Galerie d’Architecture pour “écouter le dessin“. Cette année, nous avions décidé de le faire vivre !

Depuis 7 ans, Les Traces Habiles questionnent les pratiques du dessin dans les disciplines créatives. Cette enquête nous a permis de rencontrer de nombreux professionnels exerçant dans les domaines de l’architecture, du design, de la danse, du théâtre, de la musique, des lettres, de la gastronomie, des métiers d’art, des sciences… Leurs productions décrivent le monde qui est en train de se construire ou celui dont on rêve.

Le monde de François Seigneur nous emmène vers la musique. Ses partitions graphiques sont une invitation à interpréter les dessins qu’il a imaginés.

Du beau papier, quelques ustensiles, 30 minutes, vous avez été plus de 150 à participer.

Merci à François Seigneur, à la Galerie d’architecture, à la société Canson, à Martine Gonthié, aux médiateurs, à François Tossan et à tous ceux qui nous ont aidés à faire de cette Nuit Blanche 2018 un pur moment de bonheur.

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Logo Buit Blanche 2018

Francois Seigneur 2Les Traces Habiles et La Galerie d’Architecture
vous invitent à interpréter une partition graphique de François Seigneur
le samedi 6 octobre 2018 de 19h à minuit.

11 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris
Entrée libre

Partitions-Interprétations
Bertrand Lavier expose la différence d’interprétation du « rouge bordeaux » entre Novémail et Ripolin. C’est en 1990. J’avais trouvé ça formidable !
Mon père était pianiste. Nous avions 2 pianos à queue dans le séjour.
Hors de question de ne pas jouer. Que ce soit bien, moins bien ou très mal, trop vite, trop lentement, avec affectation les jours de cafard, avec entrain de temps en temps et avec élégance dans les meilleurs jours, le même morceau en voyait de toutes les couleurs.
Il y a maintenant 30 ans, j’ai voulu tenter en peinture la même chose que pour la musique ; Interpréter et faire interpréter par d’autres une peinture écrite comme peut l’être une partition musicale.
Bien que les notes et codes, accompagnés d’indications permettant d’être au plus près des intentions de l’auteur soient les mêmes pour tous, cela n’empêche pas les interprètes de nous livrer des versions parfois bien éloignées. Que ce soit fortissimo, modérato, agitato furioso ou pianissimo pour la musique d’un certain temps et puis grâce à Eric Satie “sur le bout de la langue“, “en y regardant à deux fois“ ou “ ne pas trop manger“ et autres métaphores qu’il faut lire attentivement pour tenter leur interprétation, les mots qui accompagnent les notes nous indiquent dans quelles intentions il faut jouer.
Dans mes partitions, notes et rythmes sont des graphismes, des quantités, des tailles et des couleurs.
Les instruments et les matières nécessaire pour les réaliser ainsi que leur vitesse d’exécution, leur intensité (fort, doux, atténué…) sont indiqués. Je donne le modèle du signe à interpréter en indiquant les matériaux, l’intensité, la densité et le rythme.
Contrairement à l’interprétation musicale, le tempo d’exécution est libre.
A l’opposé de la musique pour laquelle il est inimaginable d’écouter simultanément plusieurs versions, les différentes interprétations de peintures seront présentées côte à côte et dans le même temps.

François Seigneur
Fourneau le 15 juin 2013

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